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Le Nourrissage à la main

Nourrissage à la main

Avant-propos

Cette rubrique, conçue à l’aide d’articles trouvés dans la littérature aviaire enrichie de l’expérience personnelle d’élevage à la main de Perruche Callopsitte et d’autres espèces, est destinée à aider toute personne susceptible de se lancer dans le nourrissage manuel.

Mais avant de la développer, il parait important de mettre en garde toute personne désireuse de se « lancer » dans l’élevage à la main de la Perruche Callopsitte.

En effet, cette méthode, bien que simple et agréable pour tout(e) passionné(e), comporte tout de même un certain nombre de règles à suivre rigoureusement mais également des risques pouvant dans la plupart des cas tourner à la catastrophe (mort de l’oisillon, séquelles, etc.).

Il est donc clair et essentiel de non seulement bien prendre conscience des contraintes que cela amènera mais aussi de ne pas se lancer sans réflexions et demande d’informations auprès d’une personne expérimentée.

Une invitation à peser le pour et le contre de votre (futur) engagement mais également la lecture approfondie du paragraphe B sont essentiels.

Si après lecture, votre décision vous semble justifiée et bonne, les conseils et méthodes (personnelles) suivants vous aideront très certainement dans votre périple de nourrissage à la main.

Bonne route…

A  Les nécessités de l’élevage à la main

B  Risques

C  Le matériel nécessaire

D  Le protocole de nourrissage

·         I  Règles générales

·         II  Températures

·         III  De l’éclosion au prélèvement des oisillons

·         IV  De la troisième semaine au sevrage

·         V  Sevrage

A Les nécessités de l’élevage à la main

  • Les raisons pour lesquelles un éleveur a recours à l’élevage à la main sont multiples :
  • · Abandon des œufs par les parents ;
  • · Inexpérience des géniteurs conduisant à la malnutrition des jeunes ;
  • · Maladie, accident ou décès d’un adulte ;
  • · Aberrations comportementales de la part des parents (oisillon démesurément nourri par rapport à un autre) ;
  • · Désir d’obtention de jeunes oiseaux totalement imprégnés à l’homme et apprivoisés.

B Risques

  • Comme dit plus haut, l’élevage à la main comporte des risques pouvant être fatals pour l’oiseau.
  • Ces risques sont présents durant toute la période de nourrissage tant les premiers jours de gavage que lors de la période d' après gavage à savoir la période de sevrage.
  • La règle essentielle sera de ne prendre les oiseaux du nid qu’à partir de 3 semaines.
  • Les risques de mortalité augmentant avec la prise plus précoce au nid.
  • La Perruche Callopsitte est généralement sevré entre 6 à 8 semaines en fonction de l' oiseau.
  • Un oiseau non sevré au-delà sera un oiseau très difficile à sevré qui réclamera constamment et qu' il faudra donc "obligé" à se nourrir. (Espacement important du gavage par exemple malgré la réclamation).

 

C – Le matériel nécessaire

Contrairement à d’autres espèces de psittacidés, l’élevage à la main des Perruche Callopsitte ne nécessite pas un matériel technologique de pointe.

En effet, certaines espèces nécessitent une rigueur absolue en ce qui concerne par exemple la température ou le degré d’hygrométrie.

  • Un thermomètre
  • Un hygromètre
  • Une balance précise au gramme afin de contrôler journellement le poids et la croissance de l’oisillon
  • Des sondes gastriques (plusieurs calibres existen)

Celles-ci peuvent être salvatrices dans le cadre d’une rétention de jabot.

Mais une bonne et longue expérience permettra de sonder l’oiseau sans complications.

NB: A ne pas envisager sans aucune aide d’expérimenté

  • Des seringues de plusieurs capacités : 5 ml et 10ml
  • Un bac en plastique permettant de disposer les oiseaux pour le nourrissage
  • Un linge propre pour déposer les oiseaux au chaud dans le bac
  • Un linge humide pour nettoyer la pâtée débordante
  • Des pro biotiques et enzymes digestives en poudre (Probi-zyme® de Orlux)
  • Un régulateur digestif en poudre (Bio-digest® de Orlux)
  • De la mycostatine : prévention des infections à mycose Candida albicans (Nystatine®)

Votre vétérinaire vous prescrira cette solution.

  • Des désinfectants (pour les mains, les ustensiles de nourrissage, couveuse) que l'on peut retrouver en commerces fournissant des produits spécialement étudiés. Dettol® en est le plus connu.
  • De la pâtée d’élevage fraîche.

Le saviez-vous?

Le pro biotique est plusieurs bactéries ou levures ajoutées à certains produits alimentaires et qui aident à la digestion des fibres, stimulent le système immunitaire.

Probi-zyme® est une combinaison de pro biotiques et d'enzymes qui active la flore intestinale bénigne et assure une meilleure digestion de la nourriture. Ce produit est également idéal pour faire démarrer la flore du jabot et des intestins des jeunes d'un jour

  • surveillance de l’état de remplissage et de vidange du jabot (révélateur de problèmes liés au transit intestinal)
  • désinfection des ustensiles de nourrissage après leur utilisation
  • nettoyage et désinfection des mains avant chaque séance de nourrissage
  • utilisation de produits frais, en aucun cas périmés même si non-ouverts.
  • dans le cadre de nourrissage de plusieurs oisillons de différentes nichées, éviter de mélanger les oiseaux. Si possible, les placer dans un bacs différents.
  • changer la litière très régulièrement (tous les jours voire tous les deux jours)

II – Températures

  • Lors de l’éclosion de l’œuf, l’oisillon a besoin d' une chaleur approximative de 38 à 40°C.
  • Cette chaleur provient non seulement de la chaleur corporelle de la mère couvant mais également des oisillons blottis les uns contre les autres et se réchauffant mutuellement.
  • Lorsqu' aucun des parents ne couvent (pour aller manger par exemple), les oisillons perdent une certaine chaleur mais blottis les uns aux autres, ils ne risquent rien à court terme. Si cela devait se prolonger, en fonction de la température ambiante et de l' âge des oisillons, leurs survies en seraient menacées.
  • Cette température est primordiale à la bonne croissance des bébés.
  • Au fur et à mesure de la croissance, le besoin de chaleur diminuera et devenant plus gros, la mère ne couvera plus les petits. Ceux-ci se réchaufferont uniquement par contact entre eux.
  • Dans le cadre d' un prélèvement du nid des oisillons à l' âge d' environ 3 semaines, il sera préconisé de les exposer à une température d' environ 25 à 30°C.
  • Leur plumage n' étant pas entièrement développé, ils sont encore vulnérable au froid. La température de la source de chaleur leur sera agréable et bénéfique pour leur croissance.

Cette source de chaleur doit être laissé 24h/24 durant la première semaine.

  • Leur cycle jour/nuit pourrait être perturbé mais à l’état naturel, les oisillons n' ont pas de cycle de sommeil régulier et dorment aussi bien le jour que la nuit.
  • Cette source de chaleur pourra être enlevée lorsque le plumage des oisillons sera complet.
  • Remarque:
  • Une température ambiante de 18 à 22°C sans source de chaleur n’est pas mauvaise en soit mais il est préférable pour une croissance équilibrée de leur apporter ce complément de chaleur.
  • Cette source de chaleur pourra aussi bien être une lampe IR (infrarouge) qu’une lampe traditionnelle de 15 à 25 watts suivant les dimensions de la couveuse.
  • Avant d' installer les jeunes oisillons, testez la température que donne votre source de chaleur dans la couveuse, ceci afin d' éviter les mauvaises blagues ("rôtir" les jeunes par exemple). 

III – De l’éclosion au prélèvement des oisillons

  • Après 18 à 21 jours de couvaison, les jeunes éclosent.
  • La taille de ceux-ci est d’environ 3 cm. Leur duvet peut être jaune ou blanc en fonction de la mutation des parents et des règles de génétique.
  • L’oisillon, bien nourri et bien couvé, grandira très rapidement et prendra rapidement du poids. Sur 3 à 4 jours, l’oisillon double voire triple de volume.
  • Une surveillance au nid de la croissance des oisillons est bien sûr essentielle mais bien que la Perruche Callopsitte ne soit pas facilement dérangé, n' exagérez pas dans cette surveillance.
  • Une visite tous les deux jours s’avérera l’idéale.
  • Le nourrissage par les parents se fait par régurgitation d’une sécrétion laiteuse appelée "lait de jabot".
  • Cette sécrétion contient tout ce dont les oisillons ont besoin pour une bonne croissance. Il ne faut rien tenter de leur donner en supplément.
  • Par contre, n’hésitez surtout pas à donner à partir de la mi-période de couvaison et durant toute la nichée un supplément de pâtée à base d' œufs ( 2x/jour ) que l' on retrouve dans le commerce.
  • Humidifiez légèrement cette pâtée qui sera très appréciée par les parents et qui sera transmise aux oisillons en mélange avec des graines prédigérées.
  • Les oisillons grandissant, il faudra songer à préparer tout le matériel nécessaire à accueillir les oisillons qui seront coupés de tout contact avec leurs parents.
  • Arrivé à l’âge de 3 semaines, l’oisillon doit théoriquement avoir un poids avoisinant les 55-60 grammes et un plumage se caractérisant par la présence de piques d' où sortent les plumes naissantes (voir photos).
  • Les oisillons grandissant, il faudra songer à préparer tout le matériel nécessaire à accueillir les oisillons qui seront coupés de tout contact avec leurs parents.
  • Arrivé à l’âge de 3 semaines, l’oisillon doit théoriquement avoir un poids avoisinant les 55-60 grammes et un plumage se caractérisant par la présence de piques d' où sortent les plumes naissantes.
  • Dans le cadre d’un élevage à la main réussi, cette taille correspond idéalement à la prise des oisillons du nid.
  • Prendre les oiseaux plus jeunes pourrait amener à des problèmes de croissance et/ou de digestion et donc un risque élevé de mortalité.
  • Bien entendu, les oisillons peuvent être pris plus tardivement (4 voire 5 semaines) mais la difficulté du nourrissage sera importante et le risque d’un oiseau moins sociable sera également présent.

 

IV – De la troisième semaine au sevrage

  • L’oisillon retiré du nid, l’élevage à la main proprement dit commence.
  • Après nourrissage, il sera important de ne plus remettre l’oiseau auprès des parents mais de le placer dans la couveuse. En effet, il doit complètement s’imprégné à l' "homme".
  • Ce nourrissage aura une durée comprise entre 4 et 6 semaines en fonction du sevrage de l'oissillon 

Préparation de la pâtée

  • Le mode d'emploi de préparation de la pâtée est généralement très bien indiqué sur l’emballage.
  • L’eau utilisée pour délayer la poudre devra être une eau à faible concentration de calcaire. Cela pourra être une eau minérale ou une eau préalablement bouilli.
  • Si vous possédez un osmoseur, vous pouvez sans aucun problème utiliser cette eau sans la bouillir.
  • Il est bien souvent conseillé de préparer la pâtée au dernier moment.
  • Personnellement, je ne procède pas de cette façon mais prépare la pâtée pour une journée complète à savoir 4 à 5 repas.
  • Dans le cas de la préparation au fur et à mesure, elle devra être chauffée au bain-marie ou mélangée avec de l’eau tiède.
  • Dans le cas d’une préparation pour la journée, elle pourra être préparée avec de l' eau ambiante et réchauffée au four à micro-ondes.
  • Dans les deux cas, la pâtée devra être servie tiède. Trempez votre doigt pour vous rendre compte de la chaleur.
  • La consistance de la pâtée sera très importante. En effet, une pâtée trop consistante pour un oisillon de 3 semaines pourra l’empêcher de déglutir et de digérer normalement. Il pourra s’étouffer dans le pire des cas.
  • Le mélange poudre/eau devra être très liquide au début du nourrissage pour progressivement s'épaissir au fil des jours.
  • Pour vous assurer du bon mélange, prenez la pâtée avec la cuillère à café. Retournez-là et celle-ci ne devra pas rester agglutiner. Dans le cas contraire, diluez à nouveau. 

* Séance de nourrissage

  • Préservez le jeune oisillon de sa couveuse et déposez le dans le bac en plastique couvert d’un linge propre.
  • Emmenez-le dans une pièce où règne une certaine chaleur, à l' abri des courants d’air.
  • Déposez l’oisillon sur un linge propre.
  • Il existe 2 façons de nourrir un oiseau à la main : à la cuillère ou à la seringue.
  • Personnellement et pour avoir essayé les deux façons, je préfère la deuxième solution. Tout d' abord parce que cela me parait plus simple et plus rapide et ensuite parce que cela permet d’être certain de la quantité absorbée.
  • Mais le nourrissage à la seringue est une opération qui nécessite à la fois du calme, de la concentration et de l’habitude.
  • Une mauvaise manipulation peut amener à une fausse déglutition de l’oiseau (= avaler de « travers») et à un étouffement. Tristement, j’ai déjà vécu le cas mais heureusement rarissime (1 fois).
  • Pensez toujours à chasser l’air de la seringue avant de lui introduire dans le jabot.
  • Ensuite, il faut maintenir l’oiseau au niveau du bec, le cou bien étiré et y présenter l’embout de la seringue au niveau du bec.
  • Pressez alors de manière régulière le contenu de la seringue sans précipitation mais de manière franche. L’oiseau ne connaissant pas le système au premier nourrissage, aura parfois une réaction de rejet de l’embout qui constitue un objet "étranger" pour lui.
  • Mais rapidement (au bout du deuxième ou troisième nourrissage), l’oiseau s’adaptera et redemandera rapidement par petits gémissements.

Après lui avoir donné à manger, vous pouvez aider la nourriture à bien rester dans le jabot en massant doucement du haut du cou vers le bas. A la fin du nourrissage, l' oisillon a le jabot et le côté du cou gonflés mais la quantité de nourriture ne doit pas dépasser la base de la tête.

  • D' ailleurs la quantité de pâtée n' est pas vraiment la même d' un oiseau à l' autre.
  • En effet, un oisillon réclamera encore après une seringue de 10 cc alors qu 'avec un autre, il sera difficile de lui faire ingérer une demi seringue ( 5 cc ).
  • Il est conseillé de manière générale de donner à l' oisillon tant qu' il en demande. En effet, un jabot bien rempli à une contenance de +/- 15 cc.
  • Il peut donc arriver qu' un oisillon ingurgite une seringue et demi.
  • L' oisillon qui n'a pas assez mangé se manifeste en poussant de petits cris et tête l' embout de la seringue.
  • !!!!!! Ne donnez surtout pas la pâtée à un oisillon dont le jabot n' est pas vide. Il doit non pas être entièrement vide mais au 3/4 au moins.
  • Donner la pâtée à un 'oisillon qui n'a pas digéré est synonyme de mort certaine. En cas de restriction du jabot, je vous conseille de vous adresser très rapidement à un éleveur expérimenté ou à votre vétérinaire. !!!!! 
  • * Horaires

    Il est important de respecter scrupuleusement les heures. En effet, l' oiseau aura besoin d'un laps de temps nécessaire à une bonne digestion entre chaque repas.  

     

     

     

     

     

     

    3 semaines

    8.00

    12.00

    16.00

    20.00

    24.00

    4 semaines

    8.00

    13.00

    18.00

    24.00

    5 semaines

    8.00

    14.00

    20.00

    6 semaines

    8.00

    18.00

    7 semaines

    12.00

     

    Horaire de nourrissage à la main pour l'oisillon calopsitte

     

    V– Sevrage

    • Progressivement, les repas s' espaceront avec l' âge. Vers l' âge de 5 semaines, je conseille de parsemer la couveuse de millet ou de graines.
    • Les oisillons, avides de découverte, s' intéresseront à cet objet "étrange".
    • C' est également l' âge du passage de la couveuse à la cage.
    • En effet, l' oisillon est capable de se tenir en équilibre sur ses pattes et donc sur un perchoir.
    • C' est également vers cette période que l' oisillon exerce ses ailes nouvellement formées.
    • L' oiseau en cage, il faudra également parsemer le fond de cage de graines et de millet afin de favoriser la transition graine-pâtée.
    • Il faudra encore nourrir l' oisillon à la seringue mais de manière plus espacée. Celui-ci se nourrissant progressivement de graines demandera moins la pâtée.
    • Il peut arriver qu' un oiseau soit difficile à sevrer. En effet, malgré le fond de la cage parsemé de graines et de millet, l' oiseau ne veut pas se nourrir et réclame continuellement la pâtée.
    • Un oisillon DOIT être sevré au plus tard à 9 semaines. Il faudra donc le forcer à manger.

    Comment?

    • Bien entendu, vous ne pouvez pas l' obliger à manger les graines. Mais vous pouvez le forcer en ne cédant pas à ses cris qui pourraient devenir agaçants au point de céder. A l' âge de 8 semaines, il arrive qu' un oiseau réclame à longueur de journée sans s' intéresserà ses graines.
    • Tenez-vous à une séance de nourrissage par jour à ce stade-là même si votre oiseau est infernal.
    • Lui donner ne résolverait en rien le phénomène et risquerait même de le conduire vers un risque de dépendance total.

    !!Vers un bon sevrage!!

    L'oiseau une fois sevré peut parfois continuer à crier malgré le fait qu'il mange des graines.

    Il sera très important dans ce cas-là de veiller à ce que l'oiseau s'hydrate bien. En effet, certains oiseaux passe bien le stade du sevrage mais continue de réclamer. Il s'agit ici d' oiseau n'ayant pas eu le déclic d' aller dans l'auge d' eau et dont le cri expliquerait la grande soif.

    Afin de faire comprendre ce quil doit faire, un moyen fort mais radical consiste à mettre la tête et le bec de l' oiseau dans l'auge d' eau. Il sera dans un premier temps surpris et craintif mais ceci étant, il aura la représentation de ce qu'est ce liquide.

     

     

     

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